NAGA : le moteur hybride d’ESTACA Space Odyssey franchit une étape décisive
Premier allumage réussi, record étudiant français de puissance et nouvelles ambitions pour le programme de développement de fusée sonde : le projet NAGA marque une avancée majeure pour l’association ESTACA Space Odyssey.
Après plusieurs années de développement, l’association ESTACA Space Odyssey (ESO) a franchi une étape historique avec le premier allumage réussi de son moteur hybride NAGA-2. Un succès technique majeur qui ouvre la voie à l’intégration du moteur au futur lanceur ESL-2 et confirme les ambitions spatiales des étudiants de l’ESTACA.
Un moteur au cœur du programme ESTACA Space Launcher
NAGA-2 s’inscrit dans le programme ESTACA Space Launcher (ESL), dont l’objectif est de développer une fusée-sonde entièrement conçue par des étudiants. Lancé en 2019, ce programme vise à battre le record français d’altitude pour une fusée étudiante, avec une cible de 32 kilomètres. Une première étape a été franchie en 2025 avec le lancement d’ESL-1 lors du C’Space. Cette fusée utilisait alors un moteur à poudre fourni par le CNES. Avec ESL-2, l’ambition est plus grande : intégrer un moteur développé intégralement par les étudiants.
« Nous reprenons les bases acquises avec ESL-1 et nous y ajoutons notre propre moteur. Cela paraît simple, mais c’est un défi technologique considérable », explique Paul-Louis Soulat, vice-président d’ESTACA Space Odyssey.
NAGA-2 : une nouvelle génération de propulsion hybride
NAGA-2 est la deuxième génération de moteur hybride développée par l’association. Contrairement à la première version qui utilisait avec la paraffine, du peroxyde d’hydrogène, cette nouvelle architecture repose sur l’utilisation de protoxyde d’azote liquide (N₂O) associé à ce même carburant solide.
« Cette année, notre objectif était avant tout d’allumer le moteur. Nous avons pratiquement repris le projet depuis zéro et reconstruit toute l’infrastructure nécessaire aux essais », explique Kamil Mesli, chef de projet NAGA.
Un premier essai concluant et un record étudiant français
Pour parvenir à ce résultat, les étudiants ont conçu et fabriqué eux-mêmes l’ensemble du banc d’essai, des systèmes de mesure et de l’électronique associés. Deux campagnes d’essais ont été menées durant l’année. Le tir statique réalisé en 2026 a permis d’obtenir le premier allumage réussi de NAGA-2 et une poussée de 3,5 kN pour un objectif pour le lancement de 5kN.
« Nous n’avions qu’environ les deux tiers de la pression prévue dans la chambre de combustion. Si l’on extrapole les résultats obtenus, nous atteignons bien les performances visées de 5kN », précise Kamil Mesli.
Avec cette poussée de 3,5 kN, NAGA-2 devient aujourd’hui le moteur étudiant le plus puissant jamais allumé en France, mais également le moteur le plus puissant jamais développé à l’ESTACA. Sa puissance est environ cinq fois supérieure à celle du précédent moteur de l’association. Ces résultats confirment la validité des choix techniques réalisés par les étudiants et démontrent la robustesse de la conception.
Cap sur ESL-2 et les futurs vols
Le développement de NAGA-2 est loin d’être terminé. Plusieurs essais complémentaires sont prévus afin d’optimiser les paramètres de fonctionnement, valider les performances visées et qualifier le moteur pour une utilisation en vol. L’objectif est désormais d’intégrer NAGA-2 au lanceur ESL-2. Les étudiants espèrent disposer d’un système complet prêt à être qualifié à l’horizon 2027. Avant toute tentative de vol à haute altitude, plusieurs étapes restent à franchir : validation des structures, qualification du moteur, démonstration de la fiabilité de l’électronique et constitution du dossier réglementaire auprès du CNES.
« Nous sommes très confiants. Les essais ont montré que le moteur réagit comme prévu. Nous savons maintenant comment atteindre les performances recherchées », souligne Paul-Louis Soulat.
Au-delà de la performance technique, NAGA-2 illustre la capacité des étudiants de l’ESTACA à conduire des projets complexes mêlant propulsion, mécanique, électronique, instrumentation et gestion de projet. Une expérience formatrice qui les rapproche un peu plus des défis de l’industrie spatiale de demain.













