Ingénieures dans les transports : un enjeu stratégique pour l’innovation et la compétitivité
En France, les femmes restent sous-représentées dans les métiers de l’ingénierie, particulièrement dans les secteurs des transports en pleine mutation et avides de talents. Pourtant, de nombreuses études le montrent : la diversité est un moteur d’innovation et de performance pour l’industrie. Le vivier existe : dès le lycée, les filles brillent en sciences, mais se détournent trop souvent de ces filières par méconnaissance ou autocensure. Décryptage des enjeux, des défis sectoriels et des actions concrètes pour encourager les jeunes femmes à s’engager dans ces carrières passionnantes et porteuses de sens.
Où se perdent les talents féminins ?
Dès le lycée, un premier filtre s’opère : 48 % des élèves en terminale générale sont des filles, mais elles ne représentent que 32 % des lycéennes choisissant la combinaison mathématiques-physique, un écart qui s’est creusé depuis la réforme du baccalauréat. Cette tendance se poursuit dans le supérieur, en classes préparatoires scientifiques, où les filles comptent pour environ 30 % des effectifs et dans les écoles d’ingénieurs, avec une moyenne de 29 % d’étudiantes – un chiffre qui chute sous les 20 % dans des spécialités mécanique, génie industriel ou les transports, comme à l’ESTACA.
Les baromètres sur les stéréotypes de genre montrent que dès le collège, 1 élève sur 2 s’autocensure lorsqu’il s’agit d’envisager une carrière scientifique ou technique. Le problème réside donc surtout dans les représentations et les choix d’orientation, souvent influencés par des clichés tenaces. Le vivier de talents féminins existe bel et bien, mais il se réduit à chaque étape clé du parcours éducatif.
Un déficit particulier dans le secteur des transports
La sous-représentation des femmes varie selon les filières, elle représente un enjeu particulièrement stratégique pour des secteurs en pleine transformation comme les mobilités. Quelques données par filière :
- Aéronautique et spatial : Les femmes y représentent environ 20 % des effectifs, et moins de 15 % dans les fonctions techniques cœur (R&D, essais, propulsion), alors même que ces domaines sont au cœur des innovations pour l’avion bas carbone et les nouvelles mobilités spatiales par exemple.
- Automobile et mobilités : Avec 20 à 22 % de femmes dans l’ingénierie, le secteur fait face à une demande croissante de compétences en électrification, batteries et logiciels embarqués – des domaines où la diversité des profils est cruciale pour répondre aux défis technologiques.
- Ferroviaire et naval : la part féminine est souvent inférieure à 20 %, alors que ces industries recherchent activement des expertises en systèmes complexes, cybersécurité et transition énergétique.
Ces secteurs, en tension sur les compétences, ne peuvent se permettre de se priver de la moitié des talents. La mixité n’est pas une option, mais une nécessité pour relever les défis de demain.
Mixité : un levier d’innovation et de compétitivité
Les données sont sans appel : les équipes mixtes déposent davantage de brevets à fort impact, selon les travaux de l’OCDE. Les entreprises avec une meilleure représentation féminine dans les fonctions techniques affichent aussi de meilleures performances financières, comme le soulignent des études de McKinsey ou Credit Suisse. Par ailleurs, la pénurie d’ingénieurs dans les transports – exacerbée par la transition énergétique et les enjeux de souveraineté industrielle – rend la diversité des profils stratégique. En intégrant davantage de femmes, les entreprises gagnent en créativité, en résilience et en capacité à répondre aux attentes d’un marché en mutation.
La mixité n’est donc pas seulement un enjeu sociétal, c’est un accélérateur de compétitivité. Dans un contexte de décarbonation et de révolution technologique, les transports ont besoin de tous les talents pour inventer les solutions de demain.
À l’ESTACA, les étudiantes réussissent et s’épanouissent
3e école préférée des filles, toutes spécialités confondues (business, ingénieurs, etc.), selon le dernier classement Choose my company (réalisé à partir d’enquêtes réalisées auprès des étudiantes), l’ESTACA est une école où les élèves ingénieures trouvent toute leur place !
L’ESTACA est mobilisée depuis des années aux côtés de nombreuses associations pour sensibiliser les jeunes filles à l’intérêt des études d’ingénieurs, notamment dans les transports. Elle a cofondé l’association Elles bougent il y a plus de 20 ans. Elle est également membre active de Femmes ingénieures, elle participe à de nombreux évènements de sensibilisation et partage d’expérience avec l’UIMM, ou encore Féminisons l’aéronautique
La dynamique de progression du nombre d’étudiantes sur nos campus s’inscrit dans la durée. Certaines filières enregistrent des évolutions significatives. Les associations étudiantes engagées pour la mixité, les actions de sensibilisation auprès des collégiennes et lycéennes, ainsi que le mentorat porté par nos diplômées contribuent à créer un environnement inclusif et structurant (voir les podcasts Sœur de Sciences de l’’association RHEA ou les actions de Pégase). L’Ecole a aussi mis en place depuis plusieurs années des actions de sensibilisation contre le sexisme et pour le respect de la diversité lors des rentrées étudiantes.
Et les étudiantes réussissent globalement très bien leurs études à l’ESTACA, voire à la sortie, elles se placent mieux : en 2024, 84 % de nos diplômées ont été embauchées avant même leur diplôme, contre 75 % pour leurs camarades masculins !
Pour aller plus loin, découvrez les témoignages inspirants de nos étudiantes et diplômées :
- Témoignage d’étudiantes : Marie Fink et Manon Bordeaux
- Témoignage de diplômées : Louise Frazier
À l’ESTACA, chaque étudiante trouve sa place et construit un avenir à la hauteur de ses ambitions. Rejoignez-nous pour devenir actrices de la mobilité de demain !













