Pollution de l’air : quand les véhicules remettent les poussières de la route en suspension
Les véhicules ne contribuent pas à la pollution de l’air uniquement par leurs émissions à l’échappement ou l’usure de leurs composants. En roulant, ils remettent également en suspension des particules présentes sur la route. Lancé par une équipe de chercheurs d’ESTACA’Lab, avec le soutien de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie), le projet de recherche CEPARER (Caractérisation des Emissions de Particules Remises en suspension par les vEhicules Routiers) apporte un nouvel éclairage sur ce phénomène, en mettant notamment en évidence le rôle majeur de la vitesse du véhicule.
Un phénomène de pollution encore méconnu
Poussières issues de l’usure des pneus, des freins et de la chaussée, particules apportées par le vent ou provenant d’autres activités : de nombreux résidus s’accumulent sur les routes. Au passage des véhicules, une partie de ces particules est remise en suspension dans l’air et contribue à la pollution atmosphérique. Ahmed Benabed, enseignant-chercheur à l’ESTACA qui a piloté cette étude, rappelle ainsi : « La pollution liée au trafic routier ne se limite pas à ce qui sort du pot d’échappement. En remettant en suspension les particules accumulées sur la chaussée, les véhicules contribuent aussi à la pollution de l’air. Avec le projet CEPARER, notre objectif était de mieux comprendre et mesurer ce phénomène, encore difficile à caractériser, afin de faire progresser les connaissances et d’identifier des leviers d’action. »
Ce phénomène de remise en suspension de particule polluantes, distinct des émissions directement produites par les véhicules, reste complexe à caractériser et à mesurer.
Un dispositif expérimental inédit pour mieux comprendre les émissions
Mené par l’équipe de recherche QUAD (Qualité de l’Air et Dépollution) de l’ESTACA, avec l’appui de l’équipe Énergie et Contrôle et en partenariat avec Airparif et l’UTAC, le projet CEPARER a combiné des essais sur piste et des expérimentations en laboratoire. Les chercheurs ont notamment développé un banc d’essai inédit permettant de mesurer la remise en suspension des particules dans un environnement ventilé et contrôlé. Les travaux ont permis d’étudier l’influence de plusieurs paramètres, dont la vitesse des véhicules, la quantité de particules initialement déposées au sol et la taille des particules.
La vitesse, un facteur clé pour mieux caractériser la pollution routière
Les résultats du projet CEPARER, publiés par l’ADEME en octobre 2026, soulignent le rôle majeur de la vitesse dans les niveaux d’émission mesurés. Ces travaux contribuent à améliorer la compréhension des mécanismes physiques à l’origine de la remise en suspension des particules et à affiner les méthodes permettant de les quantifier. Ils constituent une étape importante pour mieux caractériser cette source de pollution et nourrir la réflexion sur les leviers permettant de limiter son impact sur la qualité de l’air.
Pour aller plus loin
Consultez la publication du projet CEPARER sur le site de l’ADEME et découvrez les résultats de cette étude menée par les chercheurs de l’ESTACA.
Consulter les résultats du projet CEPARER sur le site de l’ADEME













